Spread the love
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Le Fonds monétaire international s’attend à un repli de 3 % du PIB mondial cette année dans le meilleur des cas. Si la crise sanitaire et les mesures de confinement se prolongent, la chute pourrait atteindre 6 %. Aucun pays n’échappera à la récession. Seules la Chine et l’Inde parviendraient à conserver une légère hausse de leur PIB.

« L’ampleur et la vitesse de l’effondrement de l’activité ne ressemblent à rien de ce que nous avons connu au cours de notre vie ». L’économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI), Gita Gopinath, dresse, ce mardi, un tableau sombre des perspectives économiques.

L’institution multilatérale a drastiquement abaissé ses chiffres, anticipant une sévère récession internationale. Le Produit Intérieur brut (PIB) mondial devrait se replier en 2020 de 3 % (NDLR : pour mémoire, un chiffre de croissance de 2,5 % du PIB mondial témoigne d’une récession mondiale pour le FMI). Pour 2020, c’est plus de 6 points de pourcentage de moins que ce qui était encore espéré en janvier dernier .

Une crise économique bien plus importante qu'en 2008

Les pays les plus industrialisés en seront les plus affectés. Le Fonds a revu en baisse de 7,7 points de pourcentage ses prévisions (-6,1 %) pour les économies avancées. Des Etats-Unis (- 5,9 %) à la zone euro (- 7,5 %) en passant par le Royaume-Uni (-6,5 %), aucun pays n’échappe à une chute spectaculaire de son activité. L’Allemagne est créditée de -7 % et la France de -7,2 % tandis que l’Italie (-9,1 %) et l’Espagne (-8 %) sont les plus durement touchés. Dans cet univers désastreux, seule la zone asiatique parviendrait à afficher une légère croissance (1 %). La Chine (1,2 %) et l’Inde (1,9 %) garderaient la tête hors de l’eau.

La pire récession depuis 1929

Pour étayer ses prévisions, le Fonds parie sur le fait que les mesures de confinement s’atténueront dans le courant du second semestre dans la plupart des pays du monde. Gita Gopinath prévient de « l’incertitude considérable » quant au paysage économique qui se profilera lors de la sortie de ce confinement. Seule certitude : le monde va connaître sa « pire récession depuis la Grande Dépression et bien pire que la crise financière mondiale » de 2008. « Pour la première fois depuis la Grande Dépression, les économies avancées et les économies émergentes et en développement sont en récession », souligne-t-elle.

Le commerce mondial devrait quant à lui s’effondrer de plus de 10 % et l’endettement public atteindre de nouveaux sommets au regard des mesures de soutien qui ont été décidées. La dette publique, dans les économies industrialisées , passerait de 105,2 % du PIB en 2019 à 122,4 % cette année. Avec un déficit budgétaire de 15,4 % du PIB, les Etats-Unis verraient leur dette publique s’envoler jusqu’à plus de 131 % du PIB. L’Italie (155 %), la France (115,4 %) et l’Espagne (113,4 %) payeront aussi un lourd tribut, l’Allemagne n’enregistrant qu’un ratio de 68,7 % du PIB contre 59,8 % l’an passé.

Le commerce mondial pourrait chuter d’un tiers

La reprise espérée en 2021 (5,8 %) ne sera que partielle avertit Gita Gopinath. « Le niveau d’activité économique devrait rester inférieur au niveau que nous avions prévu pour 2021, avant que le virus ne frappe ». Au total, la perte cumulée du PIB mondial sur 2020 et 2021 due au Covid-19 s’élèverait, selon les estimations du Fonds, à 9.000 milliards de dollars, soit un chiffre supérieur aux économies du Japon et de l’Allemagne réunies.

Grande incertitude

Et cela, dans le meilleur des cas. Car les prévisions restent sujettes à caution. A ce stade, il n’est en rien assuré que la pandémie soit résorbée à la fin du premier semestre. Elle pourrait perdurer jusqu’à la fin de l’année prolongeant d’autant les mesures de confinement, la détérioration des conditions financières et la déstabilisation des chaînes d’approvisionnement mondiales. « Dans de tels cas, le PIB mondial chuterait encore davantage : 3 % supplémentaires en 2020 ». Et si la crise se poursuit en 2021, la croissance pourrait chuter de 8 % l’an prochain.

Source Les Echos