Spread the love
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Le Covid-19 pourrait accélérer la fin du made in China.

Début mars, le Japon a été le premier pays à annoncer une enveloppe de 248 milliards de yens (2,3 milliards de dollars américain) pour les entreprises japonaises qui souhaiteraient rapatrier pour production de la Chine vers l’archipel. Il faut dire que le Covid-19 a mis en lumière la fragilité des systèmes de production dans le monde, ou la paralysie d’un seul pays, entraine l’arrêt de la production mondiale.

Yoshihide Suga, le numéro 2 du gouvernement japonais n’a pas manqué de le souligner:

« Nous devons éviter de dépendre de certains pays et ramener à la maison la production des biens nécessaires à notre vie quotidienne », rajoutant : « Si nous regardons les masques chirurgicaux, 70 % à 80 % sont fabriqués en Chine ».

Le gouvernement japonais a ainsi contacté plus d’une centaines d’entreprises du secteur de la santé pour leur demander de produire localement des médicaments et composants pour lutter contre le Covid-19.

Bien entendu, il serait naïve de ne pas voir dans la crise du Covid-19, une opportunité pour le Japon de ralentir la croissance chinoise. En ralentissant son ascension, le Japon porte un coup important majeur à la Chine, ennemi géopolitique majeur, avec laquelle les relations sont tumultueuses.

Toutefois, le Japon n’est pas le seul à profiter de cette crise pour soustraire des usines à la Chine. L’Inde a commencé à prospecter les entreprises américaine comme Apple. Pour accélérer cette relocalisation, New-Delhi a mis en place le mois dernier un programme visant à encourager les fabricants électronique à s’installer en Inde. Cependant, à moins d’une révolution majeure, l’Inde n’est pas prête de remplacer la Chine. En effet, le pays de Gandhi souffre de carences importantes, notamment un mauvais et faible arsenal juridique.

Les problèmes sont le déguisement préféré de l’opportunité. Proverbe

l’Inde n’est pas la seule qui essaie de profiter du Covid-19 pour soutirer des industries à la Chine. Comme le Japon, la Corée du Sud, a mis en place une structure gouvernementale pour relocaliser ses entreprises de Chine. D’autres pays comme la Malaisie, le Vietnam ou l’Indonésie pourraient en profiter. Des journaux et magasines influents comme Bloomberg leurs consacrent des pages entières comme alternative probable à la Chine.

Toutefois, penser que le Covid-19 est le déclencheur de la fin du ”Made in China” est faux.

Dans son dernier rapport , le cabinet Kearney fait remarquer que les importations américaines de Chine n’ont cessé de baisser depuis 2013. Passant de 67% des importations à 56% des importations américaines de biens.

Les tensions commerciales avec le président américain Trump ont accéléré cette tendance, et le Covid-19 va encore plus l’accélérer .

Depuis quelques années, c’est d’autres pays asiatiques qui profitent du déclin des exportations chinoises vers les USA. Malgré les relations tendues du D.Trump avec le Mexique, c’est ce dernier qui semble profiter du déclin de la Chine sur la marché américain.

https://www.kearney.com/operations-performance-transformation/us-reshoring-index/full-report

Enfin, il est à noter que la production américaine de biens a progressé ces dernières années, non pas à cause de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, mais à cause des réformes fiscales engagées par Trump. En effet, le 22 décembre 2017 le Congrès, adopte la réforme de D.Trump, qui réduit drastique du taux d’imposition des bénéfices de 35 à 21 % et des profits accumulés à l’étranger à 15,5 %.

Cette réforme a permis de faire progresser de 6% la production de biens aux États-Unis et a peut-être marqué l’accélération du début de la fin du ‘Made in China”, que le Covid-19 pourrait achever!

Réda DALI