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À l’issue d’un bras de fer de trois jours avec Donald Trump, le gouvernement Modi a décidé, mardi 7 avril, de renoncer partiellement au blocus pharmaceutique décrété en mars.

Donald Trump a gagné. Alors qu’il réclamait depuis trois jours à l’Inde, l’un des plus gros producteurs mondiaux de médicaments, de renoncer au blocage des exportations de certaines molécules pour lutter contre le coronavirus, menaçant même ce pays de “représailles” s’il n’obtempérait pas, le président américain a obtenu satisfaction, mardi 7 avril. Le gouvernement Modi consent “finalement” à rouvrir ses frontières au paracétamol et à l’hydroxychloroquine (utilisée dans certains types de paludisme et en rhumatologie), relate l’Hindustan Times.

Au nom de ses besoins nationaux, le pays d’Asie du Sud, producteur majeur de médicaments, avait banni samedi l’exportation d’hydroxychloroquine, un dérivé de la chloroquine prescrite depuis plusieurs décennies contre le paludisme.

En l’absence de remède contre le coronavirus, un vif débat anime actuellement la communauté médicale sur le bien-fondé du recours à la chloroquine et l’hydroxychloroquine pour traiter les malades du Covid-19. Malgré les appels à la prudence de nombreux scientifiques, Donald Trump a qualifié ce médicament de «don du ciel».

Mardi, le ministère des Affaires étrangères indien a annoncé que New Delhi autorisait désormais l’exportation d’hydroxychloroquine et de paracétamol, interdit d’exportation le mois dernier, «en quantité appropriée à tous nos pays voisins qui dépendent de nos capacités de production». «Nous fournirons également ces médicaments essentiels à certaines nations particulièrement affectées par la pandémie», a poursuivi Anurag Srivastava, porte-parole de la diplomatie indienne, dans le communiqué.

Ce revirement survient après un entretien ce week-end entre le Premier ministre indien Narendra Modi et Donald Trump, durant lequel le président américain a pressé son interlocuteur d’autoriser l’exportation du traitement. «S’il ne l’autorise pas à sortir (…) il peut y avoir des représailles, pourquoi n’y en aurait-il pas ?», a déclaré ce lundi le locataire de la Maison Blanche.

New Delhi était également critiqué par plusieurs pays comme l’Australie, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et le Brésil pour cette politique d’exclusivité nationale, selon le quotidien Times of India.À lire aussi : Chloroquine: comment la querelle est devenue politique

Si certains médecins et dirigeants appellent à administrer largement l’hydroxychloroquine contre le coronavirus, une vaste partie de la communauté scientifique et des autorités sanitaires préconise d’attendre une validation scientifique rigoureuse, en mettant en garde contre les risques pour les patients après plusieurs décès suspects notamment en France.

Source Lefigaro & Courriel International