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Source : Yahoo & Journal de Montréal

Pour la première fois depuis des décennies, une confrontation entre des soldats chinois et indiens a fait plusieurs morts. La tension entre les deux pays date du milieu du XXe siècle et n’est jamais complètement redescendue.

La tension n’avait pas été aussi élevée depuis de nombreuses années entre l’Inde et la Chine. Lundi 15 juin, les armées des deux pays se sont affrontées dans un combat sans arme à feu, qui a fait 20 morts du côté indien et aurait fait “35 victimes”, pour certains blessés, pour d’autres décédés, dans le camp d’en face, selon les renseignements américains.

Une région très escarpée

Il s’agit de la première confrontation mortelle entre les deux États depuis 1975 et de la plus grave depuis 1967. Selon The Guardian, une patrouille indienne serait tombée sur des militaires chinois dans la région du Ladakh, alors que ces derniers étaient censés s’être retirés depuis un accord de désengagement conclu le 6 juin. Les hommes se sont bousculés et battus à mains nues – les soldats ne sont pas armés dans cette zone, afin d’éviter autant que possible une escalade de violence.

Les Indiens auraient gardé le contrôle de la situation, jusqu’à ce que l’armée chinoise envoie des renforts, équipés de barres de fer et bâtons cloutés. Les premiers se seraient défendus « à mains nues » et le corps-à-corps, d’une extrême violence. Certains seraient morts en tombant, d’autres par noyade. « Ils ont été débordés et beaucoup d’entre eux ont été poussés dans une pente pierreuse raide. Ils sont tombés comme des objets en chute libre », précise l’Agence France-Presse.

La guerre de 1962

C’est loin d’être la première fois que les deux nations, qui partagent 3 500 kilomètres de frontière, s’affrontent. Les tensions remontent au milieu du XXe siècle. En 1951, la Chine annexe le Tibet et commence à étendre ses frontières au sud, empiétant sur l’Inde, comme l’explique un article de L’association de la Sorbonne pour les Mondes Asiatiques.

Plusieurs désaccords animent à cette époque les deux pays voisins : le non-alignement de l’Inde dans la Guerre Froide, l’installation de bases militaires indiennes dans une zone que la République populaire de Chine revendique, une mésentente sur les précédentes lignes de séparation…

Résultat, la guerre sino-indienne éclate en octobre 1962. La défaite indienne est très rapide. La Chine décide de mettre fin au conflit juste avant l’intervention des États-Unis. Le pays vainqueur restitue l’Arunachal Pradesh – une région tout à l’est de l’Inde, à côté du Bhoutan – mais conserve l’annexion de l’Aksaï Chin – au nord de l’Inde, non loin du Pakistan – sans accord bilatéral ni international. Une ligne de contrôle est annoncée, sans pour autant convenir aux deux parties, précise le Guardian.

Ces deux zones sont d’ailleurs toujours sources de désaccord. L’Inde continue de revendiquer l’Aksaï Chin, contrôlée par Chine (dans la zone du Ladakh). Et la Chine ne reconnaît pas la souveraineté de l’Inde sur l’Arunachal Pradesh.

Des face-à-face réguliers

Le calme a tout de même été maintenu pendant plusieurs décennies. Mais les deux États n’ont pas, pour autant, abandonné ces régions. L’Empire du milieu n’a cessé de construire des infrastructures près de la ligne de contrôle. Son voisin indien a rattrapé son retard ces dernières années en construisant notamment une piste d’atterrissage et des routes dans la région du Ladakh, où il dispose d’une base militaire.

La situation s’est de nouveau tendue en avril 2013. Durant trois semaines, les militaires de chaque pays se sont fait face, comme le rappelle 20 Minutes. En cause, une incursion chinoise dans le Ladakh indien. L’année d’après, des soldats chinois se sont installés dans cette zone, toujours revendiquée par les deux pays, entrainant l’installation de renforts indiens.

Un face-à-face entre les deux armées a également eu lieu à l’été 2017. La particularité, c’est qu’il ne s’agissait ni de l’Aksaï Chin, ni de l’Arunachal Pradesh. Les tensions concernaient cette fois le plateau montagneux du Doklam, rapporte L’Express. Pékin a entamé la construction d’une route militaire dans ce qu’elle considère être sa zone. Mais pour l’Inde, la frontière chinoise s’arrête 5 kilomètres plus haut et le lieu appartient au Bhoutan. Pour contrer l’avancée chinoise, des soldats indiens ont été envoyés pour faire office de barrage humain. Le face-à-face entre le deux armées a duré 72 jours et a conduit à un désengagement militaire de la zone… mais pas à un accord. Si le respect de la frontière sino-bhoutanaise intéresse tant l’Inde, c’est qu’elle est très proche d’un lieu stratégique pour le pays, passage déjà étroit entre sa région du nord et celle du nord-est.

Des tensions depuis mai

Depuis le début du mois de mai dernier, la région du Ladakh est celle qui a de nouveau concentré toutes les tensions. Des troupes chinoises auraient empêché les soldats indiens de se rendre dans une zone où les deux armées avaient l’habitude de patrouiller depuis des années. Plusieurs affrontements, toujours sans arme à feu, ont eu lieu au cours du mois, sans faire de morts.

Les deux pays ont donc décidé, le 6 juin dernier, de procéder à un désengagement de plusieurs zones afin d’éviter toute escalade de tension. C’est dans ce contexte qu’ont eu lieu les affrontements mortels de ce 15 juin.

Pour le Guardian, ce soudain regain de violence pourrait trouver son explication dans la météo. La fonte des neiges étant le moment propice à des avancées militaires. L’autre raison pourrait résider dans la crise sanitaire du coronavirus. Les récentes tensions offrant à Pékin un détournement d’attention plus que bienvenue à l’heure où la gestion du coronavirus par la Chine est critiquée de toutes parts.

Si les deux pays se rejettent la faute, ils assurent officiellement vouloir trouver une solution pacifique. Mais, toujours selon le quotidien britannique, le fait qu’il y ait eu cette fois-ci des morts pourrait rendre les choses plus compliquées. “Ce sera difficile – pour l’Inde du moins, où les médias sont relativement ouverts – d’apaiser les tensions désormais”, a commenté Vipin Narang, professeur à l’université du Massachusetts.

Le secrétaire général de l’ONU, Antiono Guterres, a appelé ce 16 juin à “la retenu