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Source: La-croix.com

Analyse

Le pétrolier iranien Fortune est arrivé dimanche 24 mai au Venezuela pour approvisionner le pays en carburants. Quatre autres navires sont attendus dans les prochains jours dans les eaux vénézuéliennes, malgré les sanctions américaines.

L’Iran vogue au secours du Venezuela. Membre fondateur de l’OPEP, pays doté des plus grandes réserves d’or noir de la planète, le pays de la révolution bolivarienne est aujourd’hui en panne sèche, au point de devoir importer du carburant de Téhéran. Escorté sur la fin de son parcours par des navires militaires des forces vénézuéliennes, le pétrolier iranien Fortune est arrivé dimanche 24 mai dans l’État de Carabobo, à l’ouest de Caracas, pour approvisionner la raffinerie d’El Palito, et quatre autres navires sont en route.

Panne sèche au pays de l’or noir sud-américain

Cette flotte transporterait quelque 1,5 million de barils de carburants de type variables, selon des informations parues dans la presse spécialisée. Le pays est confronté depuis plusieurs années à des pénuries d’essence, qui se sont aggravées fortement ces derniers mois. Des témoins sur place font état de files d’attente de plusieurs heures aux stations-service pour faire le plein.

Pour le gouvernement de Nicolas Maduro, les sanctions américaines, prises notamment depuis la deuxième investiture du président en janvier 2019, après une élection présidentielle boycottée par l’opposition et non reconnue par une grande partie de la communauté internationale, en sont la cause.

Le poids des sanctions américaines, et de la faillite chaviste

Il est certain que les sanctions américaines visant PDVSA, la compagnie pétrolière vénézuélienne, pèsent sur le pays – c’est leur but. Mais la production de brut avait commencé à chuter bien avant l’année dernière. Elle tourne désormais autour de 600 000 barils par jour, contre 1,5 million début 2018 et plus de 2,2 millions en 2016.

Depuis deux décennies, les revenus tirés du pétrole alimentent les nombreux programmes sociaux mis en place par Hugo Chavez, fondateur du régime et décédé en 2013, au détriment de la prospection et de l’entretien des sites de production. Par ailleurs, les raffineries souffrent elles aussi, comme l’ensemble des infrastructures vénézuéliennes, de problèmes de maintenance qui les rendent peu opérationnelles : elles ne fonctionneraient aujourd’hui qu’à 10 % de leurs capacités.

Un axe Téhéran-Caracas contre Washington

À l’heure des sanctions économiques, armes préférées de Donald Trump, cette opération irano-vénézuélienne est un défi pour Washington, car elle va à l’encontre des mesures prises par les États-Unis contre les régimes de Caracas et de Téhéran. La Maison-Blanche peut-elle intervenir pour empêcher ces livraisons ? Ou annoncer un nouveau tour de vis ?

Mais lundi matin, seul John Bolton, ex-conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, avait réagi pour dénoncer une action « dangereuse pour les États-Unis et pour les nations sud-américaines ». Washington semblait se contenter d’observer. « C’est une situation délicate, analyse Evan Ellis, professeur à l’US Army War College, en Pennsylvanie. Il n’y a pas de réponses faciles pour les États-Unis. Ces derniers jours le ton était plutôt mesuré à Washington. Mais la situation peut évoluer ». Les autres pétroliers iraniens sont attendus dans les prochains jours pour étancher, temporairement, la soif vénézuélienne d’essence.

Source : La-croix.com