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La pandémie de Covid-19 va-t-elle aggraver les tensions dans l’ordre mondial ? C’est la crainte développée par le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. Dans un entretien au Monde , l’ancien socialiste redoute que «le monde d’après ressemble au monde d’avant, mais en pire». Traduction : l’épidémie de coronavirus ne fait qu’exacerber les «fractures» mondiales, la rivalité sino-américaine et in fine risque d’affaiblir le multilatéralisme, a déploré lundi le chef de la diplomatie française.

«Il me semble que nous assistons à une amplification des fractures qui minent l’ordre international depuis des années. La pandémie est la continuation, par d’autres moyens, de la lutte entre puissances», a-t-il développé.

Le président Donald Trump a notamment suspendu la contribution américaine à l’Organisation mondiale de la santé, qu’il accuse d’être sous l’influence de la Chine, berceau du Covid-19, en pleine pandémie du nouveau coronavirus.

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«Cette lutte entre puissances, c’est la systématisation des rapports de force qu’on voyait monter bien avant, avec l’exacerbation de la rivalité sino-américaine», a poursuivi Jean-Yves Le Drian.

Le président des États-Unis, pays le plus touché par le Covid-19, accuse la Chine, où est apparue la maladie, d’avoir «dissimulé» la gravité de la pandémie et de ne pas révéler le véritable décompte de ses morts. Dans une interview au Financial Times , publiée jeudi 16 avril, Emmanuel Macron a jugé pour sa part qu’il existait des zones d’ombre dans la gestion de l’épidémie de coronavirus par la Chine. «Clairement, des choses se sont produites que nous ne savons pas», a pointé le chef de l’État.

L’OMS est-elle vendue à la Chine?La Chine tire-t-elle les ficelles de l’Organisation Mondiale de la Santé? En pleine crise du coronavirus, l’influence chinoise sur l’OMS pose question.

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Mise au point avec la Chine

Dans un long article paru le 12 avril sur le site de l’ambassade de Chine en France, les personnels soignants des EHPAD sont accusés d’avoir «abandonné leurs postes du jour au lendemain (…) laissant mourir leurs pensionnaires de faim et de maladie».

En réaction, Jean-Yves Le Drian a convoqué le 14 avril l’ambassadeur Lu Shaye pour lui signifier sa «désapprobation» devant des propos non «conformes à la qualité de la relation bilatérale» entre la France et la Chine, avait alors expliqué le Quai d’Orsay.

Pékin a évoqué dans la foulée des «malentendus» et démenti tout «commentaire négatif sur la façon dont la France fait face à l’épidémie» de coronavirus.

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Un contexte tendu qui fait déplorer à Jean-Yves Le Drian «l’extension de la compétition internationale, voire de l’affrontement, à tous les secteurs», y compris sur le «terrain de l’information» où les grandes puissances rivalisent dans la comparaison de leurs modèles respectifs de gestion de la crise du Covid-19.

Dans ce jeu de puissances, le ministre appelle l’Europe à «se trouver un destin de leadership» plutôt que «s’interroger sur elle-même». Regrettant au passage que la Chine profite de la situation. «Parfois, Pékin joue sur les fragmentations dans l’UE», conclut-il.

Source Lefigaro