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La puissance appartient à ceux qui en comprennent les règles, qui savent en assembler les ressources et en forger les instruments, qui savent en réinventer les formes et les modalités, bref, à ceux qui savent appliquer à leur profit la grammaire subtile et changeante de la puissance. Voici les notes préparatoires de Pierre Buhler pour sa contribution à la conférence “Les nouvelles formes de la puissance” organisée par Diploweb.com et le CSFRS le 16 avril 2019 à l’École militaire. A ses côtés, Thierry Garcin apportait une contribution dont chacun peut également disposer via la vidéo réalisée à cette occasion, disponible sur Diploweb.com avec un résumé de l’ensemble.

Considérons d’abord les fondamentaux et invariants de la puissance (I), puis la puissance aujourd’hui et demain : les grandes évolutions (II).

I. Fondamentaux et invariants

La puissance a été essentiellement/historiquement l’apanage des États, seules entités capables de conjuguer accumulation de ressources et volonté.

Pendant très longtemps, les États ont su concentrer dans leurs mains l’essentiel des instruments du pouvoir dans le champ intérieur, de la puissance sur le terrain des relations internationales : force armée, moyens de communication de masse et même les entreprises.

Après la Seconde Guerre mondiale : changement de paradigme, avec un ordre international qui frappe d’illégitimité la guerre en tant qu’instrument de règlement des conflits, avec une prolifération d’États nouvellement indépendants, des États souvent faibles, objets plus que sujets du jeu de la puissance, et aussi une relative bipolarité – ce qui est sans précédent – du système international… Pour autant, les jeux de puissance entre États n’ont connu aucune relâche, portés par les courses aux armements, les zones d’influence, le clientélisme politique international…

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