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Source : France Culture

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Que reste-il du mouvement d’octobre 2019 au Liban, qui traverse un véritable naufrage économique ? Les revendications très politiques de l’automne survivront-elles à l’urgence d’aujourd’hui ?

En Octobre 2019, le pays du Cèdre se lance corps et âme dans une révolution, dont les mots d’ordres, pour la première fois, semblent s’affranchir du confessionnalisme qui immobilise le pays.

L’étincelle était venue d’une taxe sur la messagerie WhatsApp, mais très vite les manifestants ont exigé le départ du gouvernement et la mise en place de réformes de profondeur, notamment contre la corruption qui gangrène le pays.

Ce fut chose faite, avec la démission du premier ministre Saad Hariri, et la nomination, laborieuse, d’un nouveau gouvernement avec à sa tête, Hassan Diab.

Mais avec le confinement, la mobilisation était un peu retombée,  jusqu’à ce que, samedi dernier, elle reprenne.

En effet, la crainte du virus et les préoccupations du quotidien avaient temporairement étouffé la colère du peuple ces dernières semaines, malgré quelques explosions de colère ça et là…

Sur le plan économique et financier, la situation est catastrophique, la livre libanaise s’est effondrée, l’inflation est galopante, et le premier ministre a fait savoir que pour la première fois de son histoire le Liban se retrouvait en défaut de paiement.

Alors : l’urgence économique et sociale aura-t-elle raison des aspirations de réformes politiques et institutionnelles des premiers temps de la révolte ?

Les appartenances confessionnelles vont-elles reprendre le pas sur la belle unité du début du mouvement ? Et d’ailleurs, l’influence des partis religieux avait-elle réellement été menacée ?

Avant le covid, le mouvement s’était déjà essouflé, les revendications des manifestants ne sont plus les mêmes qu’en octobre. Aurélie Daher