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C’est une vague de confinements qui s’abat sur la planète pour contrer le Covid-19. Quarante et un pays regroupant 950 millions de personnes sont concernés. Seuls vingt-deux pays l’ont rendu obligatoire sous peine d’amendes. L’Europe et les Amériques ne sont plus loin du lock-down complet.

C’est une véritable chape de plomb qui s’abat sur la planète. Une vague de confinements décidés par les pouvoirs publics dans des tentatives désespérées de contrer le Covid-19. On dénombrait ce dimanche quarante pays, d’une population cumulée de 950 millions de personnes, ayant instauré un confinement de leur population. C’est-à-dire appelant à ne sortir que pour se ravitailler, s’aérer brièvement, se faire soigner, ou travailler quand ce n’est pas possible depuis son domicile.

Presque toute l’Europe confinée

Selon un décompte des « Echos » dimanche midi, ce confinement est obligatoire, sous peine d’amendes, dans vingt-trois pays regroupant 650 millions de personnes : l’Italie, la première, le 9 mars, a été suivie par l’Espagne, la France, mardi, la Belgique, l’Autriche, la République tchèque, la Serbie, Israël, le Liban, les Philippines, l’Equateur, le Pérou, le Venezuela, l’Argentine, la Bulgarie et, samedi, le Maroc, la Tunisie, la Jordanie, la Colombie et la Bolivie, puis dimanche le Salvador et le Rwanda. La Grèce a annoncé un confinement général à partir de lundi. Le même sécanario semble inévitable en Allemagne, où deux Länder, la Bavière et la Sarre, ont déjà franchi le pas. La Californie, New York, le New Jersey, l’Illinois, la Pennsylvanie et le Nevada ont fait de même aux Etats-Unis, où la question se pose au niveau fédéral, écartelé entre nécessités prophylactiques et libertés individuelles. Il en est de même au Canada.

Dans dix-huit autres pays il est pour l’heure seulement « recommandé » de se limiter aux déplacements et contacts sociaux essentiels (Royaume-Uni, Australie, Finlande, Turquie, Norvège, Bulgarie, Hongrie, Pologne, Grèce, Suisse, Portugal, Slovénie, Slovaquie, Kirghizstan, Kazakhstan, Ukraine, Iran, Arabie saoudite, ou Indonésie). Certains pourraient instaurer un confinement obligatoire dans les prochains jours.

Se dessine donc la perspective vertigineuse de deux continents, l’Europe et les Amériques, où plus personne ne peut sortir librement de chez soi. Le nombre de confinés pourrait doubler dans quelques jours : l’Inde a instauré, comme le Sri Lanka, un couvre-feu pour ce week-end qui pourrait être le prélude à des mesures plus drastiques. Nombre de pays africains, comme l’Algérie et le Nigeria, réfléchissent aussi à des mesures de confinement.

Un rêve, prendre un verre en terrasse

Si l’épidémie ne reflue pas, des mesures encore plus dures pourraient être prises ici ou là, avec interdiction de toute promenade, voire de sortir faire ses courses, au prix d’un approvisionnement collectif, comme à Wuhan en février, ou des barrages aux sorties des villes. Des capitales sont déjà barricadées, comme Bakou, en Azerbaïjan, Nur-Sultan au Kazakhstan et Manille aux Philippines.

En outre, même les pays n’ayant instauré aucune mesure de confinement ont fermé les établissements scolaires, ainsi que les commerces non essentiels, les restaurants, les bars, ou les lieux de loisirs et de sport. Sont aussi largement interdits les rassemblements de plus de quelques dizaines de personnes. Il ne reste ainsi plus, selon un décompte des « Echos », qu’une quarantaine de pays, en Afrique, Océanie et Asie, où les écoles sont ouvertes et où il est possible de simplement prendre un verre à la terrasse d’un café…

Insouciance à Moscou et Mexico

Parmi eux, la Russie, où commerces et restaurants fonctionnent normalement et où les autorités affirment n’envisager aucun confinement, s’appuyant sur un très faible, mais suspect, nombre de cas. Moscou a toutefois fermé presque toutes ses frontières terrestres. Le Mexique n’a, lui non plus, pris aucune mesure, ce qui fait polémique. En Europe, seuls les Pays Bas se cramponnent à leur stratégie d’immunité collective consistant à laisser volontairement se propager l’épidémie… tout en fermant les lieux accueillant du public.

Et la vie reprend peu à peu un cours normal dans les pays d’Extrême-Orient (Taïwan, Japon, Corée du Sud, Chine, Singapour, etc.), ayant réussi à stabiliser l’épidémie par des mesures précoces et radicales ; dépistage systématique, masques, traçage des cas et de leurs contacts par outils d’intelligence artificielle, parfois confinement dès février. Des mesures qui ont eu un coût économique et psychologique, mais dont ces pays touchent aujourd’hui les dividendes. La gare de Wuhan, d’où est partie cette mystérieuse épidémie, a rouvert ce week-end…

Les frontières claquemurées

Le confinement généralisé a fait passer au second plan l’autre grande mesure prise sur les cinq continents, la fermeture des frontières. Elle n’a, il est vrai, plus grande signification quand tout déplacement à l’intérieur même d’un pays est lui-même proscrit sauf motif impérieux. Ce qui est le cas désormais de la plus grande partie de l’Europe et des Amériques.

Ce sont, ce dimanche, une quarantaine de pays dans lesquels il n’est plus possible d’entrer si on n’en est ni ressortissant ni résident permanent, avec des dérogations pour scientifiques, diplomates, fret stratégique, travailleurs transfrontaliers, détenteur d’un certificat de non-contamination, ou ressortissant d’un pays voisin stratégique : Kenya, Ghana, Argentine, Canada, Etats-Unis, Chili, Malaisie, Sri Lanka, Australie, Nouvelle-Zélande, Israël, Jordanie, Arabie saoudite, Serbie, Ukraine, Corée du Nord, Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Oman, Cameroun, Qatar, Géorgie, Ouzbékistan, Madagascar, Cuba, Maroc, Algérie, Tunisie, Brésil, Colombie, Equateur, Pérou, Uruguay, Venezuela, Cambodge, Inde, Birmanie, Népal, Philippines, Singapour, Thaïlande, Vietnam, ainsi que la plupart de pays d’Amérique centrale. On peut ajouter à cette liste l’espace Schengen, fort de 26 membres, désormais fermé aux ressortissants des pays extérieurs, sauf Royaume-Uni. En son sein même, des pays ont fermé leurs frontières aux voyageurs provenant d’autres régions de l’espace Schengen : Espagne, Hongrie, Slovaquie, République tchèque, Chypre, Danemark, Suisse et Lituanie. D’autres (Allemagne, France, Belgique) effectuent des contrôles.

La plupart des autres pays (Japon, Taïwan, Chine, Mexique Royaume Uni, Turquie, Russie, Corée du sud, notamment) ont fermé certaines frontières terrestres ou imposé des restrictions importantes : interdiction aux voyageurs provenant de pays très touchés, notamment de l’espace Schengen, ou quarantaine en fonction des pays d’origine, y compris parfois à leurs propres ressortissants. Au total, on peut estimer que les frontières ne sont plus ouvertes sans restrictions que dans une dizaine de pays dans le monde.

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