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En première ligne face à la pandémie mondiale du Covid-19, l’agence onusienne communique chaque jour pour guider les Etats dans cette crise sanitaire sans précédent. Cela n’a pas empêché Donald Trump de menacer de lui couper les vivres mardi soir. Tentative d’explication de ce énième coup de sang du président américain.

« Nous allons suspendre le versement des sommes destinées à l’OMS ». Mardi soir, Donald Trump a lâché cette phrase choc lors de son point presse quotidien sur la crise du coronavirus . Alors que son pays a enregistré le même jour le pire bilan journalier d’un Etat touché par la pandémie (1.939 morts), le locataire de la Maison Blanche s’en est violemment pris à l’Organisation mondiale de la Santé, avant de modérer son propos quelques minutes plus tard : « Je ne dis pas que je vais le faire mais nous allons examiner cette possibilité ».

Mais, même s’il a relativisé sa décision, le président américain n’a pas manqué d’attaquer l’institution sur Twitter. Comme il le fait régulièrement avec les autres institutions internationales, dont il menace aussi de couper les vivres. Pourquoi une telle colère présidentielle en pleine crise du coronavirus ? Tentative d’explication à travers trois questions sur l’OMS.

. Qu’est-ce que l’OMS ?

Agence spécialisée des Nations unies, l’OMS a été fondée en 1948, à l’âge d’or de la coopération internationale. Son but ? « Améliorer les perspectives d’avenir et la santé future pour toutes les populations du monde », selon sa charte. Depuis, l’agence lutte pour garantir à chacun un accès aux soins. Elle s’est notamment distinguée par des campagnes de vaccinations massives contre la tuberculose ou la rougeole, mais aussi dans sa lutte contre le sida.

Aujourd’hui, 194 Etats sont rattachés à l’OMS. L’agence onusienne, basée à Genève, emploie plus de 7.000 personnes de 150 nationalités différentes, réparties dans le monde entier. Elle est découpée en six zones géographiques (Asie du Sud-Est, Méditerranée, Pacifique, Amériques, Europe et Afrique). Chaque bureau régional, relativement indépendant, a pour mission de répondre aux problématiques sanitaires locales.

Le tout est chapeauté par le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus . Médecin éthiopien réputé pour ses travaux sur le paludisme, il a exercé les fonctions de ministre de la Santé puis des Affaires étrangères pour son pays, avant de s’engager dans la coopération sanitaire internationale jusqu’à son élection à la tête de l’OMS par l’Assemblée mondiale de la santé, qui regroupe tous les Etats membres, en 2017.

. Que reproche Trump à l’OMS ?

Début avril, une enquête parlementaire américaine conforte les soupçons déjà largement partagés à Washington : la Chine aurait menti sur le nombre de morts causés par le coronavirus sur son sol. Selon les autorités américaines, ces fausses informations n’ont pas permis aux autres nations d’évaluer la violence de la pandémie et de s’y préparer.

Problème, l’OMS n’a jamais remis en question les chiffres de Pékin. Et selon Donald Trump, les recommandations de l’agence onusienne, notamment son opposition à la décision de Washington d’interdire les vols venant de Chine sur le sol américain, révèlent un certain favoritisme. « Tout semble très favorable à la Chine, ce n’est pas acceptable », a-t-il encore déploré mardi soir.

Dans un tweet publié le même soir, le milliardaire a réitéré ses critiques contre l’institution onusienne : « L’OMS s’est vraiment plantée », a-t-il écrit avant de développer : « Heureusement, j’ai rejeté très tôt leurs conseils sur le maintien de nos frontières ouvertes avec la Chine. Pourquoi nous ont-ils fait des recommandations si mauvaises ? », s’interroge-t-il.

Qui finance l’OMS ?

Dans son allocution de mardi soir, Donald Trump s’est notamment plaint de l’effort supporté par les Etats-Unis dans le financement de l’OMS : « Ils reçoivent des sommes énormes de la part des Etats-Unis », a-t-il insisté.

Pour l’année 2018-2019, le budget de l’OMS tournait aux alentours de 4,5 milliards de dollars. Si l’agence onusienne peut s’appuyer sur des dons de particuliers, de riches donateurs ou de fondations, la majorité de ses revenus provient de la contribution des Etats membres.

Sur ce point, le milliardaire a raison, son pays est très généreux. Chacun des 194 Etats membre doit contribuer au budget de l’OMS en fonction de la taille et du niveau de vie de sa population, et non en fonction de son PIB. Résultat, les Etats-Unis représentent à eux seuls 22 % des donations étatiques pour l’OMS, très loin devant la Chine (8 %) ou encore la France (4,8 %). Une répartition qui peut paraître déséquilibrée, Pékin affichant en 2018 un PIB de 25.270 milliards de dollars contre 20.494 milliards pour Washington.

Source Les Echos