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« Aujourd’hui, la lutte se fait en reprenant les activités économiques. Nous n’avons pas d’autre voie », a plaidé le président alors que le pays principal foyer de la pandémie au Proche-Orient.

Entre les risques pour la santé publique et ceux d’un effondrement économique, le président iranien, Hassan Rohani, a fait son choix. Malgré un danger d’accélération de la propagation du Covid-19, la République islamique s’oriente vers la reprise à très court terme de ses activités économiques, suscitant l’inquiétude des personnels soignants dans le pays, alors que la pandémie n’y est pas maîtrisée.

« Avant, la lutte [contre le coronavirus] se faisait en restant chez soi. Aujourd’hui, elle se fait en reprenant les activités économiques. Nous n’avons pas d’autre voie en face de nous », a résumé M. Rohani, mercredi 8 avril, lors de sa réunion hebdomadaire avec le cabinet.

Ainsi, à partir du samedi 11 avril, deux tiers des activités dites « à faible risque » reprendront en Iran, sauf dans la province de Téhéran, qui attendra une semaine de plus. La décision a été prise alors que le bilan officiel annoncé mercredi est de 3 993 morts et 64 586 cas confirmés. Selon les médecins consultés par Le Monde, ces chiffres sont largement sous-estimés.

Une économie étranglée

Selon Radio Zamaneh, “l’Iran, dans sa lutte contre le Covid-19, rencontre de nombreuses difficultés, notamment à cause des sanctions économiques américaines”.

Ces dernières sont appliquées depuis le retrait unilatéral du président américain Donald Trump, en 2018, de l’accord sur le dossier nucléaire de Téhéran, conclu en 2015 avec les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France, la Russie et la Chine.

Les sanctions américaines ont notamment fait diminuer les exportations de pétrole iranien, étranglant de manière inédite l’économie du pays.

Selon la Banque centrale iranienne, le taux d’inflation a été de 42 % entre mars 2019 et mars 2020, un chiffre jamais atteint depuis 1995.

Washington empêche le FMI d’aider Téhéran

Afin de pouvoir faire face à l’épidémie de Covid-19, la république islamique d’Iran a demandé, mi-mars, une aide de 5 milliards au Fonds monétaire international (FMI). Les Etats-Unis s’y opposent, accusant Téhéran de vouloir utiliser cet argent pour ses « activités terroristes » dans la région, selon la porte-parole du département d’Etat des Etats-Unis, Morgan Deann Ortagus.

Le président Rohani a réitéré ce mercredi cette demande de Téhéran tout en rappelant que “cela faisait cinquante ans que nous n’avions rien demandé au FMI” et ajoutant qu’“il faut que notre demande soit entendue”, comme on peut le lire sur le site de Radio Zamaneh.

Depuis le de la crise l’Iran a dépensé plus de 6 milliards, soit à peu près 20% de son annuel de 33 milliards d’euros. L’Ayatollah Ali Khamenei a même approuvé le prélèvement d’un milliard d’euros du fonds souverain iranien pour aider à la lutte contre le coronavirus. 

Source TG avec lemonde.fr & Courriel International