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Source Slate.fr

Un nouveau nuage brun s’est élevé au-dessus de l’Europe. Depuis le mois d’avril 2014, un violent conflit oppose les séparatistes pro-russes de la région minière du Donbass, à l’est de l’Ukraine, aux loyalistes du gouvernement central de Kiev. En février 2014, le mouvement pro-européen EuroMaïdan chasse du pouvoir le président ukrainien pro-russe Viktor Ianoukovytch. Ce qui exacerbe les velléités séparatistes des Ukrainien·nes russophones –dont beaucoup se considèrent plus Russes qu’Ukrainien·nes– en Crimée et dans la région du Donbass, où elles et ils sont majoritaires. En mars 2014, la Russie annexe la Crimée après un référendum très contesté. En avril 2014, une insurrection armée dans le Donbass, soutenue par Moscou, conduit à la proclamation de deux républiques séparatistes, Donetsk et Lougansk. C’est le début de la guerre du Donbass.

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Depuis les guerres de Yougoslavie (1991-2001), aucun conflit armé d’une telle intensité n’avait secoué l’Europe.

Après la Seconde Guerre mondiale, les militant·es d’extrême droite radicale ont cherché des conflits où s’engager militairement pour une cause qui leur semblait juste. Ainsi des volontaires, principalement en provenance de France, sont parti·es se battre au Liban dans les années 1970 aux côtés des phalangistes chrétien·nes de Bachir Gemayel, dans les rudes combats de rues qui ont ravagé Beyrouth. On retrouve ces mêmes volontaires en Birmanie, auprès de la minorité Karen en rébellion contre le gouvernement, ou en Angola dans les rangs de l’UNITA, qui combat le régime marxiste soutenu par Cuba dans la décennie suivante.

Des combattants de l’UNITA au camp d’entraînement de Capolo le 28 janvier 1976. | STF / AFP

Les guerres de Yougoslavie donneront également l’occasion aux va-t-en guerre de l’extrême droite radicale de faire le coup de feu, notamment dans les rangs des forces croates.

Faute de conflit d’envergure où combattre depuis la fin des conflits balkaniques, nombres de personnes qui étaient passées du côté du militantisme radical avaient choisi de s’engager dans leurs armées nationales mais aussi dans le milieu du mercenariat, où elles sont légion.

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Le creuset ukrainien

Le déclenchement du conflit ukrainien a permis à toute une frange de l’extrême droite radicale d’assouvir ses fantasmes de guerre dans un conflit de haute intensité, qui a déjà fait plusieurs milliers de morts et qui n’est toujours pas résolu. Tous viennent se battre au nom de leur idéologie xénophobe et racialiste, même si l’on retrouve ces radicaux d’extrême droite aussi bien dans le camp loyaliste que chez les séparatistes.

Chacune des parties du conflit cherche à attirer l’attention médiatique autour de cette guerre qui se déroule aux confins de l’Europe. Pour les loyalistes, il s’agit de faire vivre leur combat auprès des puissances occidentales tandis que la Russie, qui soutient les séparatistes, cherche à rétablir sa position de premier plan sur la scène internationale et à rappeler son pouvoir de nuisance. Pour les acteurs suprémacistes blancs du conflit ukrainien, quelle que soit leur allégeance, l’objectif est d’attirer le plus de personnes possibles au combat dans cette guerre présentée comme un prélude à un conflit racial global. Un thème fédérateur, qui, comme d’autres conflits auparavant, pourrait servir de terreau voire de mythe fondateur à toute une génération de militant·es d’extrême droite et faire émerger une nouvelle mouvance violente, racialiste et transnationale.

Dans les rangs des loyalistes, plusieurs unités de miliciens se sont constituées en enrôlant massivement des membres d’organisations et des hooligans d’extrême droite qui avaient fait le coup de poing dans les manifestations d’EuroMaïdan, qui ont conduit au renversement du président pro-russe Viktor Ianoukovytch. Le régiment Azov est la plus connue de ces anciennes milices.

Alors que l’unité n’était encore qu’un bataillon de volontaires, elle s’est illustrée lors des combats pour reprendre le port stratégique de Marioupol aux mains des séparatistes en avril 2014. Le groupe ne cache alors pas ses convictions néonazies, en témoignent le Soleil noir et la Wolfsangel –«crochets du loup», ancien insigne héraldique germanique que se sont appropriés les nazis et symbole du parti d’extrême droite Svoboda avant 2003– qu’elle arborait sur son ancien blason.

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