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Source : France Culture

La région caucasienne du Haut-Karabakh, disputée entre Azerbaïdjan et Arménie, est en proie à des affrontements qui ont fait au moins 16 morts en 3 jours. Turquie et Russie s’activent en coulisses. Covid-19 oblige, le métro de New-York n’a jamais été aussi propre… mais est il sûr pour autant?

viUne guerre en modèle réduit se rappelle à notre bon souvenir dans les montagnes du Caucase., entre usagers, en particuliers entre ceux qui portent un masque et eux qui vont tinue.

Une guerre en pointillé depuis la chute de l’Union soviétique autour du Nagorny-Karabakh (on dira plutôt Haut-Karabakh en français) : car cette région de montagnes appartient officiellement à l’Azerbaïdjan, mais comme sa population est en grande majorité arménienne russophone et non azéri et turcophone, elle a fait sécession, au début des des années 90, dans une guerre qui a fait des dizaines de milliers de morts et s’est soldée par un cessez-le-feu… franchement instable.

Depuis donc 25 ans, la frontière de la république autoproclamée du Haut-Karabakh est l’une des plus militarisées et des plus “volatiles” d’Eurasie, selon The Guardian qui décrit des soldats arméniens et azerbaidjanais qui se surveillent constamment et se tirent dessus quasi-quotidiennement, quand ce n’est pas pire… 

Comme en ce moment, par exemple : depuis trois jours, la région caucasienne connaît l’un des épisodes d’affrontements les plus violents depuis au moins 4 ans. 16 personnes au bas mot ont été tuées dans les changes de tirs d’artillerie plus ou moins lourde, et la situation ne cesse de se tendre.

Ce mardi selon la BBC World, un bombardement arménien a tué 4 soldats dont un général de l’armée d’Azerbaïdjan ; les Arméniens, sur leur radio publique ArmRadio, se vantent également d’avoir abattu un drône espion azéri ; Bakou, de son côté, affirme que Erevan cache l’ampleur des ses pertes humaines qui s’élèveraient en fait à “une centaine de soldats arméniens tués“.  

Bref, comme il y a quatre ans pour la dernière fois, le ressort en spirale du conflit gêlé au Haut-Karabakh vient bel et bien d’être libéré à nouveau par ses deux protagonistes, et difficile de dire où s’arrêtera l’engrenage des provocations et représailles. D’autant que ce conflit très localisé est également relié à des enjeux géopolitiques beaucoup plus vastes.

Car derrière la république fantôche du Haut-Karabakh, il y a l’Arménie, on l’a dit, mais il y a aussi la Russie et l’Iran ; et derrière l’Azerbaïdjan il y a la Turquie qui déclare dans le journal Hurriyet être prête à “soutenir ses frères martyrs azerbaïdjanais  avec tous les moyens nécessaires”.

Or, comme (on l’a vu en Syrie, en Libye) Ankara et Moscou sont en ce moment dans une logique de concurrence militaire et impérialiste au Moyen-Orient et en Méditerranée, il n’est pas si surprenant, analyse Rayhan Demytrie de la BBC, de voir le conflit du Haut-Karabakh réactivé aujourd’hui. Ce qui se passe depuis dimanche entre Arménie et Azerbaidjan serait donc un “échec de la diplomatie” internationale qui s’active en médiation entre les deux pays, depuis 1992, sans réel résultat.  

Mais à lire l’analyse du quotidien russe Gazeta, on peut se demander si Bakou et Erevan, tout comme derrière eux Ankara et Moscou, ont réellement intérêt à se priver de cette arme politique que constitue le conflit plus ou moins gêlé du Haut-Karabakh. Pour les dirigeants des deux voisins du Caucase, rappuyer sur le bouton des tensions frontalières est un moyen toujours efficace de ressouder l’unité nationale autour d’un ennemi historique et de faire oublier à leurs administrés l’aggravation de la crise économique. Pour leurs sponsors internationaux, enfin, c’est un moyen de se pousser du col à peu de frais, et une monnaie d’échange de plus dans les grandes manœuvres géostratégiques qui se jouent, bien au-delà du Caucase, entre Russie et Turquie.

Descendons à présent dans le métro new-yorkais…

J’espère que vous avez un masque, parce que, nous explique d’emblée le Wall Street Journal, le subway ce n’est pas franchement le bon endroit pour respecter les gestes barrières contre la Covid, surtout depuis que la mégalopole américaine est sortie de son confinement et que tous les travailleurs sont appelés à rejoindre leurs bureaux. L’affluence des grands jours revenu provoque des “tensions“, décrit pudiquement le WSJ entre usagers, en particuliers entre ceux qui portent un masque et eux qui vont visage nu.

Du coup, faute de pouvoir agrandir les rames, la régie des transports new-yorkais mise beaucoup sur la propreté de ses trains. C’est l’objet d’un reportage de l’agence AP repris par le site d’info Axios : pour inciter les New-yorkais à ne pas prendre leur voiture et donc à limiter la pollution, le subway tente de les convaincre par tous les moyens nécessaires qu’ils ne risquent pas d’y attraper le coronavirus, que tout est très régulièrement désinfecté.

Le résultat, confirme Axios, c’est que “le métro n’a jamais été aussi propre“, reluisant même. Sauf que, si l’effet psychologique rassurant de cette propreté éclatante sur les usagers semble réel, l’efficacité en terme de destruction du virus, de réduction des risques de contamination, n’est elle pas vraiment prouvée. 

Voilà pourquoi le métro de NY réfléchit à traiter ses rames avec de la lumière ultra-ultra-violette pou tuer les virus sans brûler les yeux des passagers. En attendant, qu’on se le dise le masque et le gel hydro-alcoolique sont vos seuls alliés vraiment fiables.